Questions fréquentes
Ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons autrement, et ce que cela change
Qu'est-ce que la systémie pragmatique ?
La systémie pragmatique est une approche développée par Nicolas Mathieu. Elle part d'un constat simple : les problèmes humains ne se stabilisent pas seulement dans des interactions — ils se stabilisent dans la langue qui les rend plausibles, partageables et répétables.
Concrètement, cela signifie que lorsqu'une équipe « dysfonctionne », le problème n'est pas d'abord dans les personnes. Il est dans les façons de nommer, de distribuer les responsabilités, de qualifier ce qui compte — ce que nous appelons un registre de langage. Tant qu'on reste dans le même registre, on peut multiplier les efforts sans jamais quitter la logique qui condamne ces efforts à revenir.
Cette approche articule la matrice systémique de Palo Alto, la pragmatique du langage, le constructivisme comme théorie de l'apprentissage, la pensée des appartenances et des loyautés, l'identité narrative et une anthropologie du conflit.
En quoi diffère-t-elle du coaching classique ?
Le coaching classique travaille souvent sur l'individu : ses croyances, ses ressources, ses objectifs. La systémie pragmatique déplace le regard.
Prenons un exemple. Un dirigeant vient parce qu'il « manque de confiance en soi ». Un coach classique explorera ses croyances limitantes, ses ressources, ses succès passés. La systémie pragmatique pose une autre question : dans quel système ce dirigeant a-t-il appris que sa parole ne comptait pas ? Quel circuit de reconnaissance le maintient dans cette position ? Quelle loyauté protège-t-il en restant en retrait ?
L'intervention porte sur la grammaire de la scène — les façons de nommer, de distribuer les responsabilités, de qualifier ce qui compte — plutôt que sur la psychologie des acteurs.
Qu'est-ce qu'un « registre de langage » ?
Un registre de langage, c'est l'ensemble des distinctions, des présuppositions et des évidences tacites qui organisent notre façon de lire une situation.
Exemple : dans une organisation où tout problème est qualifié de « manque de communication », le registre empêche de voir les contradictions structurelles. On peut former les managers à l'écoute active, multiplier les séminaires de team building, déployer des outils collaboratifs — rien ne changera tant que le registre lui-même n'aura pas bougé. Changer de registre, c'est apprendre une autre manière de découper la scène : ce qui était « résistance » devient « intelligence protectrice » ; ce qui était « défaut de communication » devient « impossibilité structurelle de dire non ».
Quelle différence entre supervision et coaching ?
Le coaching accompagne un client vers un objectif. La supervision travaille sur la pratique du praticien lui-même — qu'il soit dirigeant, coach ou professionnel de la relation.
En supervision, il ne s'agit pas de résoudre le problème du client. Il s'agit de repérer le registre dans lequel le praticien est pris, les loyautés qu'il sert sans le savoir, les captures empathiques qui limitent sa capacité d'intervention. Un coach qui valide trop devient prisonnier du cadre de son client. Un dirigeant qui « gère » trop reste enfermé dans la grammaire qui produit les problèmes qu'il prétend résoudre.
La supervision est un travail sur la posture, pas sur la performance.
Que signifie « on ne résout pas un problème dans la langue qui le maintient » ?
C'est la formule centrale de notre approche. Elle dit quelque chose de précis : un système peut varier indéfiniment ses réponses sans jamais quitter la logique qui condamne ces réponses à revenir. Il change les gestes, mais pas la ponctuation. Il augmente l'intensité, mais pas le registre. Il multiplie les tentatives de solution, mais les produit encore depuis la même grammaire.
Le vrai changement — ce que Bateson appelait le changement de type 2 — ne vient pas d'une meilleure compréhension du problème dans le même cadre. Il vient de l'apprentissage d'un cadre différent, une autre langue dans laquelle le problème cesse d'exiger sa répétition.
Pourquoi dites-vous que la résistance au changement n'existe pas ?
Nous ne disons pas qu'elle n'existe pas. Nous disons que le diagnostic est trop facile — et dangereux. Ce qu'on appelle « résistance » protège presque toujours quelque chose de vital : des appartenances, des loyautés invisibles, des dettes, des places.
Un collaborateur ne résiste pas par goût de l'immobilité. Il protège la possibilité de rester quelqu'un pour soi et pour les autres. Un manager qui freine une réorganisation ne manque pas de courage — il sait, souvent sans pouvoir le dire, que le nouveau monde ne lui garantit plus de place.
Le changement devient possible non pas contre ces appartenances, mais lorsqu'une autre manière d'appartenir devient praticable.
Qu'est-ce que le Diagnostic Systémique des Organisations (DSO) ?
Le DSO est une méthodologie développée par IPSYS Consulting. Il ne produit pas un audit de plus sur « la communication » ou « le climat social ». Il lit ce que les textes, les procédures, les circuits de validation et les habitudes de langage d'une organisation produisent réellement — pas ce qu'ils prétendent.
Qui a le droit de nommer le réel ? Quels circuits de reconnaissance fonctionnent ? Quels seuils de visibilité existent ? Quelles impossibilités sont dicibles et lesquelles ne le sont pas ? Le DSO rend visible ce que l'organisation fait à travers ce qu'elle dit — et à travers ce qu'elle interdit de dire.
Quel est le lien entre NMA Conseil, Everswing, FSL et IPSYS ?
Ces quatre entités forment un écosystème fondé par Nicolas Mathieu autour d'une même conviction théorique — la systémie pragmatique.
NMA Conseil est dédié à la supervision et à l'accompagnement individuel des dirigeants. Everswing intervient dans les organisations sur les architectures de langage et les conditions d'appartenance. Fabulous Systemic Learning (certifié Qualiopi) forme les professionnels à la lecture systémique des situations. IPSYS Consulting développe le Diagnostic Systémique des Organisations.
Quatre lieux, un même déplacement : travailler les registres de langage plutôt que les individus.
À qui s'adresse NMA Conseil ?
Aux dirigeants confrontés à des situations répétitives où les solutions habituelles ont échoué. Aux coachs qui veulent superviser leur pratique dans un cadre systémique exigeant. Aux binômes professionnels dont les désaccords masquent des enjeux de place et de reconnaissance. Aux organisations dont la souffrance au travail révèle des architectures contradictoires plutôt que des fragilités individuelles.
En résumé : à ceux qui sentent que le problème n'est pas là où tout le monde le cherche.
Quelles sont les références théoriques de cette approche ?
La systémie pragmatique recompose plusieurs héritages : l'approche systémique de Palo Alto (Watzlawick, Weakland, Fisch), la théorie des niveaux d'apprentissage de Bateson, la pragmatique du langage (Wittgenstein, Austin, Searle), le constructivisme, la pensée des loyautés et de la différenciation (Bowen, Boszormenyi-Nagy, Minuchin, Neuburger), l'identité narrative (Ricœur), l'anthropologie du désir mimétique (Girard) et la pensée complexe (Morin).
L'originalité n'est pas moléculaire mais architecturale : il ne s'agit pas d'avoir inventé un concept de plus, mais de faire tenir ensemble ces apports dans une doctrine cohérente capable de rendre compte de ce que les systèmes humains protègent vraiment — des appartenances, des loyautés, des places, des continuités narratives du soi.
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